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Avant-première Martin Amis prend lascenseur social - Lire
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TOPIC: Avant-première Martin Amis prend lascenseur social - Lire

Avant-première Martin Amis prend lascenseur social - Lire 11 months ago #93492

  • nxghcmfr82
, lui, a opté pour sa déclinaison littéraire, que l'on pourrait baptiser "les montagnes russes à l'anglaise",lancel pas cher, tant son héros Lionel Pepperdine va descendre très bas et monter très haut... mais toujours dans l'abjection. Haut-le-coeur assuré ! On vous explique : délinquant dès l'?ge de 3 ans, encha?nant les actes délictuels avec application, de vols à l'étalage en cambriolages, cette petite frappe d'un quartier pourri de Londres - un véritable taudis - a passé plus de temps derrière les barreaux que sur les bancs de l'école. Alcoolique (jamais so?l), drogué (jamais défoncé), mateur compulsif de films pornos, toujours prêt à la castagne et toujours accompagné d'une paire de pitbulls psychopathes, il trouve très dr?le de se faire rebaptiser Lionel Asbo - pour Anti-Social Behaviour Orders, ces mesures destinées à combattre les comportements antisociaux. Et voilà qu'à 24 ans cet individu répugnant gagne au Loto cent quarante millions de livres sterling ! Largement de quoi s'acheter un manoir de trente pièces, de se gaver de caviar, de s'abreuver de latour-pauillac, mais surtout de conjuguer son credo du no limit au présent de l'impératif pour mieux choquer les milieux huppés. Bon prince, Martin Amis adoucit ce tableau au vitriol d'une Angleterre rongée par tous les maux avec le gentil Desmond Pepperdine, dit Des, neveu de Lionel et adolescent attachant. Quand on gagne autant d'argent, lui confie oncle Li, "on est sonné. Pas heureux. Pas triste. Sonné...". Comme le lecteur de ce roman coup de poing que d'aucuns trouveront too much.?
L'Extrait
Chère Jennyviève,?
Je sors avec une femme plus vieille que moi. Cest une dame dune certaine distinction, ?a me change agréablement des adolesentes de mon ?ge que je connais (comme Alektra par exemple, ou Chanel). Le sexe est super et je crois que je suis amoureux. Mais il y a une grave complication que voila : cest ma mamie !?
L'auteur de ces lignes, (Desmond, Des, Desi), avait quinze ans et demi. Il affectait une écriture d'une élégance étudiée : à l'origine, les lettres partaient vers l'arrière mais, à force de patience, il les avait contraintes à pencher vers l'avant ; puis, une fois qu'elles avaient toutes été harmonieusement conjointes dans le même sens, il les avait ornées de menues fioritures (ses e étaient franchement baroques : comme des w à la verticale). Des était autodidacte en calligraphie, comme dans d'autres matières.?
Le c?té positif cest que la différence d'age nest pas si...?
Il raya cette phrase, et reprit.?
?a a commencé il y a qu'inze jours quand elle a téléphoné pour dire cest encore ma plomberie mon chou. Alors jai répondu Mamie ? Jarrive. Elle habite un studio r/d/c spécial 3e ?ge à vingt minutes à pied de chez nous et sa plomberie lache souvent. Je nai beau pas être plombier jai des notions car mon tonton George et de la partie. Jai fait la réparation et elle a dit pourquoi tu prends pas un verre ou deux avec moi ??
La calligraphie (et aussi la sociologie, l'anthropologie et la psychologie) mais pas encore la ponctuation. Il ne se trouvait pas trop mauvais en orthographe, le petit Des, mais il ne savait pas que la ponctuation était un de ses points faibles car il venait à peine de commencer le cours. Or la ponctuation, pensait-il (à juste titre), était un art en soi.?
Alors on a pris plusieurs Dubonnet que je nai pas l'habitude de boire et elle me lan?ait de dr?les de regards. Elle met toujours les Beatles et ce jour' là elle passait tous les slows comme Golden Slumbers, Yesterday, et Sh'es Leaving Home. Alors elle a dit ce quil fait chaud je vais me changer me mettre ma chemise de nuit. Et elle ces rappliquée en nuisette mini !?
Il s'instruisait tant bien que mal (pas à Squeers Free, qui, récemment, avait remporté, avait-il lu dans la Diston Gazette, la palme du "Pire établissement scolaire de toute l'Angleterre"). Sa compréhension de la planète et de l'univers comportait d'inconcevables lacunes. Il était sans cesse éberlué par la vastitude de son ignorance.?
Alors on a encore pris qu'elque verres et je pensais : ce quelle est bien conservée. Elle a pris soin delle elle est vraiment en forme surtout avec la vie quelle a mener. Alors après encore plusieurs verres elle me demande tu cuis pas dans ton blazer ? Viens ici mon mignon et fais' moi donc un calin ! bon, quest'ce que je pouvais faire ? Elle a posé la main sur ma cuisse et la remontée sous mon short. Alors je suis humain non ? La hifi jouait I Should've Known Better mais de fil en aiguille,chanel... et cétait génial !?
Par exemple, le seul quotidien national que Desmond e?t jamais lu, c'était le Clairon du matin. Et Jennyviève, la destinataire de sa lettre, était la Dame Courrier du coeur du Clairon ou, dirons-nous, sa Lady Taz. Elle était à la tête d'une rubrique qui consistait en comptes rendus détaillés de liaisons sans doute entièrement imaginaires et ses réponses se résumaient à un calembour obscène assorti d'un point d'exclamation. L'histoire de Desmond n'était pas imaginaire.?
Il faut me croire tout sa "me ressemble pas du tout". Cétait pas prévu ! Dac on vit à Diston, ou se genre de chose ses pas si mal vu. Et dac ma mamie a eu une jeunesse coquine. Mais ces une dame respectable,hogan. Ce qu'il y a ses que ces bient?t son anniversaire et je crois que sa lui a tourné la tête. Quand a moi-même, je viens d'une famille strict chrétienne en tout cas du coté de mon père (Pentecotiste). Et puis comprenez Jennyviève, je suis très déprimé depuis que ma maman Cilla est morte il y a trois ans. Je ne trouve pas les mots. Javais besoin de tendresse. Et quand Mamie ma touché, comme sa. B'en...?
Des n'avait pas l'intention d'envoyer son courriel à Jennyviève (dont l'anatomie partiellement dénudée ornait aussi la page intitulée non pas "Lady Taz" mais "Ange Agony"). Il la rédigeait simplement pour soulager sa conscience. Il imaginait la réponse de Jennyviève neutre, non sentencieuse. Dans la veine : Au moins, toi, tu l'aimes, ta mamie ! Il continua donc d'écrire.?
A part le coté légal qui mempèche de dormir, il y a un énorme autre problème. Son fis Lionel est mon tonton et comme un père pour moi quand il nest pas en prison. Comprenez moi cest un criminel essetrémement violent et sil découvre que je culbute sa maman, il va me buter purée. Littéralement !?
On pourrait avancer qu'il s'agissait là d'une grossière sous-estimation des vues dudit Lionel sur le thème "transgression et représailles"... L'urgence pour Des était de ma?triser l'apostrophe. Ensuite, les arcanes des deux-points, du point-virgule, du trait d'union, de la parenthèse, du tiret, de la barre oblique...?
Le c?té positif, c'est que la différence d'?ge nest pas si grande. Comprenez Mamie Grace était précoce et elle est tombée enceinte à 12 ans, exactement comme ma maman.?
Il entendit les chocs mats et épais des verrous, regarda sa montre, horrifié, tenta de tenir droit sur ses jambes, puis, tout à coup, Lionel se retrouva là, devant lui.?
Le voici donc, Lionel, impressionnante silhouette blanche, coude contre le chambranle, front contre le poing levé, halètement enroué, maillot de corps violet dégageant une vague vapeur grise (l'ascenseur était hors service et l'appartement se trouvait au trente-troisième étage ; cela dit, la masse corporelle de Lionel pouvait tout aussi bien dégager de la vapeur quand il faisait la sieste par un après-midi paisible). Sous l'autre bras Lionel portait une livraison de bières. Deux douzaines, recouvertes d'un film de polyéthylène. Marque : Cobra,burberry sito ufficiale.?
"Tu rentres t?t, Tonton Li."?
D'un geste de sa main calleuse, Lionel imposa le silence à Des. Un ange passa. D'apparence, Lionel était brutalement générique : silhouette d'un bloc, tête massive, cr?ne rasé, poils fauves,chanel sito ufficiale. Dans la vaste métropole mondiale, des centaines de milliers de jeunes gens ressemblaient à . Selon la lumière et le décor, il avait des airs, disait-on parfois, du prodige de l'équipe d'Angleterre et de , l'attaquant : pas phénoménalement grand, pas gras mais exceptionnellement large et le thorax extraordinairement profond (Des voyait son oncle tous les jours - or Lionel paraissait toujours plus grand que nature, une taille de plus qu'il ne s'y attendait). Il avait d'ailleurs le même sourire aux dents écartées que Rooney. Cela dit, si ses incisives du haut étaient très écartées, ?a se voyait peu car il souriait rarement. On ne les voyait que quand il ricanait.?
"...Qu'est-ce tu fais avec ce stylo ? C'est quoi que tu écris ? Je pige pas."?
Des réfléchit vite. "C'est sur la poésie, Tonton Li.?
- La poésie ! s'exclama Lionel, esquissant un mouvement de recul.?
- Ouais. Un poème qui s'appelle La Reine des F...?
- La quoi ?.... Parfois tu me désoles, Des. Pourquoi t'es pas dehors à casser des vitres ? Ce n'est pas sain. Au fait, tu sais quoi ? Tu te rappelles ce type que j'ai défoncé au pub l'autre vendredi ? Mister "Ross Knowles", excusez du peu. Il porte plainte. Il m'a dénoncé. Tu peux y croire, toi ?"?
Desmond devinait aisément ce que Lionel pouvait éprouver face à une telle manoeuvre. Un soir de l'année précédente, en rentrant à l'appartement, Lionel avait trouvé Desmond innocemment affalé devant Crimewatch UK. La séquelle fut la plus longue et la plus sonore des rossées que Desmond e?t jamais re?ues des mains de son oncle. Ils demandent à des membres du public, avait crié Lionel, bras croisés devant l'écran plasma, de cafarder leurs voisins ! Crimewatch, c'est un... c'est comme une émission pour pédophiles. ?a me débecte.?
Aujourd'hui, Desmond répond : "Il te tra?ne en justice ? Waouh, ?a c'est... c'est... Y a pas pire, c'est nul. Tu vas faire quoi, Tonton Li ??
- Je me suis rancardé à gauche et à droite, et il se trouve que c'est un solitaire. Il crèche dans un meublé. Alors, je peux faire peur à personne. A part lui.?
- Mais il est encore à l'h?pital...?
- Et alors ? Je lui apporterai une grappe de raisin. Tu as nourri les chiens ??
- Ouais. Sauf qu'on n'a plus de Tabasco."?
Les chiens, Joe et Jeff, étaient les pitbulls psychopathes de Lionel. Leur territoire, c'était l'étroit balcon de la cuisine où, toute la journée, ils grognaient, tournaient en rond et montraient les dents - sans parler de la guéguerre à qui aboierait le plus fort qu'ils menaient avec la meute de rottweilers du dernier étage de la tour voisine.?
"Mens pas, Desmond, fit Lionel doucement, t'avise jamais de me mentir.?
- Je mens pas !?
- Tu m'as dit que tu leur as donné à manger. Mais tu leur as pas donné leur Tabasco !?
- Tonton Li, j'avais pas les ronds ! Ils n'ont que les gros flacons au magasin et ils valent cinq livres quatre-vingt-quinze !?
- C'est pas une excuse. Tu aurais d? en piquer un. Tu as dépensé trente livres, trente livres pour un 'tain de dictionnaire et tu peux pas dépenser trois sous pour les chiens !?
- Trente livres ? Jamais !.... Mamie me l'a donné. Elle l'a gagné avec ses mots croisés. Les mots croisés où tu peux gagner des prix.?
- Joe et Jeff, c'est pas des toutous, Desmond Pepperdine. C'est mon outil de travail."?
Pour Des, le travail de Lionel demeurait nimbé de mystère. Il savait qu'en partie il s'occupait de l'ultime et délicate étape d'affaires de recouvrement de dettes ; et il savait que cette étape consistait en partie à "revendre" (Lionel employait le terme réinitialiser). Des ne faisait que suivre la simple logique puisque les principales raisons pour lesquelles Lionel faisait de fréquents séjours en prison étaient "extorsion sous la menace d'une arme" et "recel de biens volés"... Il resta planté là, Lionel, et il fit une chose à laquelle il s'entendait : il dispensa de la tension. Des l'aimait profondément, d'un amour plus ou moins inconditionnel. (Je n'aurais pas survécu sans Tonton Li,Chômage le plan du gouvernement pour inverser la t, songeait-il souvent.) Mais il se sentait toujours légèrement malade en sa présence. Pas "mal à l'aise". Carrément malade.?
"Tu rentres t?t, Tonton Li, répéta-t-il d'un ton aussi désinvolte que possible. T'étais où ??
- Cynthia. Je sais pas pourquoi je me démène. Purée, l'état de cette Cynthia !"?
La blonde spectrale qui portait le nom de Cynthia - Cymfia dans la bouche de Lionel - était ce qui dans la vie de ce dernier s'approchait le plus d'une "copine d'enfance", en ce qu'il avait commencé à coucher avec elle à l'?ge de neuf ans (quand elle en avait dix). Elle était également ce qui s'approchait le plus pour lui de la définition d'une petite amie officielle, dans la mesure où ils se voyaient régulièrement : une fois tous les quatre ou cinq mois. Des femmes en général, Lionel disait à l'occasion : Valent pas le dérangement, si vous voulez mon avis. Les femmes ? M'en fous. Je me fous des femmes... Et Des trouvait qu'il en était mieux ainsi : les femmes auraient d? se réjouir qu'il se foute d'elles. Dans le nombre, cela dit, il y en avait une dont il ne se foutait pas - une qui mettait le foutoir partout : une certaine beauté marie-couche-toi-là du nom de ...?
"Des. Cette Cynthia, l?cha Lionel avec un mépris outrancier. Même, euh, pendant le, euh, tu sais, pendant la chose, je pensais : Lionel, tu g?ches tes plus belles années, Lionel, rentre chez toi. Rentre chez toi, mon gars. Rentre chez toi et mate un bon porno."?
Des prit le Mac et se leva d'un bond. "Tiens. Je sors dehors, de toute manière.?
- Ah ouais ? Où ?a ? Voir cette Alektra ,burberry outlet??
- Non... J'ai rencard avec mes potes.?
- Alors rends-toi utile. Vole une voiture. Au fait, tu sais quoi. Ton tonton Ringo a gagné à la loterie...?
- Pas vrai. Combien ??
- Douze livres cinquante. C'est un piège à cons, la loterie, si tu veux mon avis. Ah, je voulais te poser une question. Quand tu files en douce le soir..."?
Des était encore planté là, tenant son Mac à deux mains comme un serveur son plateau. Lionel était encore planté là, tenant ses Cobra à deux mains comme un livreur son carton.?
"Quand tu files en douce le soir, tu as toujours un couteau sur toi ??
- Tonton Li, tu me connais.?
- Eh bien tu devrais. Pour ta sécurité. Et ta tranquillité d'esprit. Tu vas te faire tailler une boutonnière. Ou pire. Il n'y a plus de bagarres à mains nues, pas à Diston. Plus qu'au couteau, de nos jours. Et à mort. Ou au flingue. Bah, cela dit, j'imagine qu'ils ne te voient pas,lancel bb, purée, dans le noir !"?
Des rit de ses belles dents blanches.?
"Prends un couteau dans le tiroir en sortant. Un noir."?
Des n'avait pas rencard avec ses potes,Avant-première Martin Amis prend lascenseur social - Lire. (Il n'avait pas de potes. Et il n'avait pas envie d'avoir des potes.) Il fila chez sa mamie.?
On le sait, Desmond Pepperdine avait quinze ans. , qui avait eu la vie dure et donné naissance à beaucoup, beaucoup d'enfants, présentait relativement bien pour ses trente-neuf ans. Lionel Asbo, à vingt et un ans, paraissait déjà sévèrement atteint.?
A Diston la dystonique (connue aussi comme Diston City ou, plus simplement, City), rien - ni personne - ne dépassait la soixantaine. Sur une courbe planétaire des espérances de vie, Diston aurait figuré entre le Bénin et Djibouti (cinquante-quatre ans pour les hommes, cinquante-sept pour les femmes). Et ce n'était pas tout. Sur une courbe planétaire des taux de natalité Diston aurait figuré entre le Malawi et le Yémen (six enfants par couple - ou mère célibataire). A Diston, la pyramide des ?ges revêtait donc une dr?le de forme. City ne dépérirait pas.?
Des avait quinze ans. Lionel avait vingt et un ans. Grace avait trente-neuf ans...?
Il se pencha pour soulever le loquet du portail, il descendit les sept marches en sautillant et frappa à la porte avec le heurtoir. Il écouta. Lui parvint alors le bruit de pas tra?nants, le son des pantoufles en peluche de sa mamie et, en fond (comme toujours), la pureté mélodique d'un air des Beatles. Le grand préféré de Grace : When I'm Sixty-Four. Quand j'aurai soixante-quatre ans.?
L'aube frémissait au-dessus de l'incroyable édifice : l'énormité entassée de la Tour Avalon.?
Sur le balcon de la taille d'une petite place de parking, caché par un rideau, Joe, allongé, rêvait d'autres chiens, de chiens ennemis, de chiens de chasse infernaux aux yeux brillants comme des pépites. Il aboya dans son sommeil. Jeff roula sur le c?té en poussant un soupir de béatitude.?
Dans la chambre numéro un (de la taille d'un court de squash bas de plafond),borse burberry, où les distances étaient considérables entre un point A et un point B, entre la porte et le lit, entre le lit et l'armoire, entre l'armoire et la psyché, allongé,hogan sito ufficiale, Lionel rêvait de la prison et de ses cinq frères. Ils étaient tous à la cafétéria de la prison, où ils faisaient la queue pour s'acheter des Mars.?
Dans la chambre numéro deux (de la taille d'un grand lit à baldaquin), allongé, Des rêvait d'une échelle qui montait au Paradis.?
Le jour se leva. Lionel partit t?t (en affaires) avec Joe et Jeff. Des continua de rêver.?
Depuis six ou sept mois, il ressentait ?a : les tiraillements et accélérations de l'intelligence en lui. Cilla, la mère de Des, était morte quand il avait douze ans et, pendant trois ans, il avait vécu comme dans les limbes, dormi comme d'un long sommeil de plomb, un engourdissement amer, une transe amère.?
...Puis il s'était réveillé.?
Il s'était mis à tenir un journal intime et un carnet. Une voix résonnait dans son cr?ne : qu'il écoutait et à laquelle il parlait. Ou, plut?t,Plus de la moitié des jeunes mangent devant un écran - LEXPRESS, il entrait en communion avec elle : il entrait en communion avec les chuchotements de son intelligence. Tout le monde en avait une, de voix intérieure ? Une voix intérieure plus intelligente que nous ? Il se dit que probablement non. D'où venait la sienne, alors ??
Des analysa son arbre généalogique : son Arbre de la Connaissance personnel.?
A vrai dire, Grace Pepperdine, Mamie Grace, n'avait pas vraiment prêté attention à sa propre instruction, pour des raisons évidentes : à dix-neuf ans, elle était déjà mère de sept enfants. Cilla était l'a?née. Tous les autres étaient des gar?ons : John (désormais pl?trier), Paul (menuisier), George (plombier), Ringo (ch?meur) et Stuart (notaire véreux). Ayant épuisé la veine Beatles (y compris le Beatles "oublié", ), exaspérée, Grace avait baptisé son septième enfant Lionel (hommage à un héros de moindre envergure : le chorégraphe Lionel Blair). Lionel Asbo, comme il s'auto-rebaptiserait plus tard, était le cadet d'une famille très nombreuse, dirigée par une mère célibataire tout juste en ?ge de voter.?
Même si elle faisait les mots croisés du Telegraph (pas le Kwik mais carrément le Cryptic, pour lequel elle était bizarrement douée), Grace n'était pas une rapide. Cilla, elle, était futée comme une portée de singes - dixit Lionel. Douée, qu'ils disaient. Première de sa classe les doigts dans le nez. Ensuite, elle s'est fait mettre en cloque de toi,burberry. Elle en était à son sixième mois quand elle a passé son certificat. Elle l'a réussi quand même. Après, quand t'as été là, Des, ?a a été la fin des haricots. n'avait pas eu d'autre enfant mais elle avait br?lé par les deux bouts une jeunesse aussi débridée qu'il était humainement possible de s'en concocter une avec un bébé chez soi : un bébé, un tout-petit puis un petit gar?on.?
Que Des connaissait-il de son papa ? Peu de chose. Ignorance que Cilla partageait en grande partie. Mais il y avait une chose que tout le monde savait de lui : il était noir. D'où la teinte résineuse de son rejeton, café au lait avec un nuage d'un je-ne-sais-quoi de plus foncé. Bois de rose ? Grain serré, dégageant un ar?me distinctif. L'adolescent sentait bon, était bien découplé, avait des dents régulières d'un blanc éclatant et un regard mélancolique. Quand il souriait face à la glace, il souriait en fait d'un air triste au fant?me de son père - au fant?me du géniteur perdu. Dans le monde réel, il ne l'avait vu qu'une fois.?
Ils remontaient la Pente Raide, main dans la main, Desmond (sept ans) et Cilla (dix-neuf), après une virée au parc d'attractions, Happy Valley, lorsque Cilla s'exclama :?
"C'est lui !?
Qui ? ?
Ton papa ! Regarde. Ton portrait tout craché. Même bouche. Même nez. ?a alors !"?
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